Crise du COVID-19 : l’impact sur le management de transition juridique

Le management de transition a cette particularité
d’échapper aux cycles du marché de l’emploi

En effet, alors que l’ensemble du marché de l’emploi a été fortement et immédiatement impacté lors du premier confinement, celui, plus spécifique, du management de transition a mieux résisté à l’effondrement des demandes en matière d’embauche ou d’intérim. Sans doute parce qu’il vise une catégorie de personnel de niveau intermédiaire ou supérieur indispensable au bon fonctionnement de l’entreprise, sans être synonyme d’impact à long terme sur la masse salariale.

Cette double caractéristique a permis au marché du management de transition de mieux résister à l’impact des deux confinements successifs mais aussi de mieux rebondir à chaque déconfinement. En effet en cas de reprise, le management de transition possède cette qualité recherchée lorsque les entreprises sont à l’affût du moindre rebond : l’immédiateté.

Un peu comme le marché de l’intérim, celui du management de transition
sert souvent d’indicateur avancé du marché du travail

Toutefois, la nature des missions en management de transition juridique a évolué. Les entreprises et leurs services juridiques se sont surtout occupés de « faire tourner la machine ». Ainsi, l’essentiel des missions mises en place ou prolongées pendant la crise sont des missions concernant des postes « vitaux » des services juridiques : droit des sociétés, droit boursier, compliance, data, contentieux, service achats, et bien entendu contrats commerciaux. En revanche, les missions consistant à accompagner par exemple les équipes de business développement, pilotant les acquisitions, les partenariats, ou responsables de l’ouverture de nouvelles filiales à l’étranger, etc., sont devenu extrêmement rares.

La prudence a été de mise dans l’engagement de frais supplémentaires sur toutes les équipes d’acquisitions, de cessions, de partenariats, de développement international, etc. 

Et l’absence de budget pour regarder des dossiers a mathématiquement eu un impact sur le recours à des ressources externes spécialisées dans ces domaines. 

De manière très légère, mais l’inflexion est nette, on constate aujourd’hui seulement, depuis fin novembre, le retour d’un certain optimisme de la part des équipes de Business Development.

De nouveaux mandats apparaissent pour des managers de transition juridique expérimentés en M&A

Ainsi contrairement à certaines annonces marketing mais inexactes, nous faisons le bilan que les directions juridiques n’ont pas été sur-sollicitées pendant la crise au point de recourir massivement au management de transition. D’une part les PSE n’ont pas sollicité tant de juristes spécialisés que cela. D’autre part les sempiternelles questions sur l’application de la force majeure, sur les cas de sortie qu’auraient pu faire jouer les clients, etc., ont sans doute valu bien des consultations juridiques auprès de cabinets d’avocats relationnels des entreprises, mais n’ont aucunement justifié le recours à des managers de transition en droit commercial. Contrairement également à ce qu’évoquent d’autres « spécialistes » du management de transition juridique, le M&A distressed ou les restructurations internes n’ont souvent pas commencé et n’ont pas non plus donné lieu à un recours massif au management de transition. 

Enfin, les sociétés qui allaient mal avant la crise se sont enfoncées dans le rouge et ont coupé beaucoup de budget de consulting etc.

Les banques ont naturellement sollicité nos managers de transition
pour accompagner l’accroissement d’activité
dans les services de restructuration de crédit

Fort de ce constat qui résulte de l’observation de l’ensemble des directions juridiques avec qui nous sommes régulièrement en contact, nous pensons que le management de transition devrait, comme à l’accoutumée, rebondir avant le marché du recrutement classique, et qu’on peut donc espérer une reprise nette au mois de décembre, janvier et février. 

Surtout, cette année 2020 a marqué la croissance de notre activité de management de transition externalisée c’est-à-dire le recours à un manager en télétravail. Cette tendance devrait s’amplifier nettement en 2021 et par la suite, quelle que soit l’évolution de l’encadrement réglementaire du télétravail qui semble rentrer dans les mœurs.

En conclusion, la crise du Covid-19 a modifié les cas de recours au management de transition juridique mais de façon plus conjoncturelle que structurelle. Les directions juridiques sont restées très intéressées et n’ont été contraintes que par des problématiques de budget, d’« Hiring Freeze » et de coupes dans les honoraires de consulting.

Dès la tempête passée, le recours à cette solution ultra flexible reprendra toute sa place, et sans doute la première, dans les outils de Staffing à la disposition des DJ.

Rédaction sous la supervision de Francis Fernandez-Mouron.

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